«Après le limogeage de son directeur Mustapha Bakkouri, on s’attendait à un résultat en retrait à la CDG, mais pas dans cette proportion», notent les observateurs. Rien n’obligeait pourtant la CDG à publier ses résultats. C’est un acte très courageux qu’elle a fait cette semaine. Néanmoins, il est impossible d’obtenir un commentaire «on the record » des responsables. Le résultat d’exploitation du groupe s’est littéralement écrasé pour s’établir à 1,7 milliard de DH, contre 4,2 milliards en 2007.
Selon les analystes, la situation de l’immobilier ainsi que la dépréciation du portefeuille boursier de la CDG expliquerait cette contre-performance. Des analyses plus poussées penchent plutôt pour un retrait significatif enregistré au niveau de l’activité réelle de la CDG. En témoigne d’ailleurs la marge d’intérêt qui régresse à 1,7 milliard de DH contre 3,2 milliards en 2007. Le coût du risque est également mis en cause, puisqu’il est passé de 60,7 millions de DH en 2007 à 3,3 milliards en 2008. Les dotations de provisions pour dépréciation des titres ont de fait directement impacté le résultat (moins deux milliards sur le résultat).
Pour ce qui est des comptes consolidés à fin 2008, le produit net bancaire s’élève en normes locales à 7,4 milliards de DH contre 6,7 milliards en 2007.
La forte baisse du résultat d’exploitation n’a pas épargné le résultat net qui chute de près de 3 milliards pour s’arrêter à 2 milliards de DH, contre 5,1 milliards en 2007.
S’agissant des filiales, la plus touchée reste la société d’investissement Fipar Holding. Les réalisations de cette dernière ont surtout été plombées par la dépréciation de la valeur des titres détenus.
Ce qui n’a pas manqué d’impacter la capacité bénéficiaire de la holding, la faisant passer de 305 millions de DH en 2007 à seulement 70 millions au titre de l’année écoulée. Pas de prouesses non plus pour CDG capital, qui finit par totaliser un PNB de 273 millions de DH (contre 280 millions en 2007). Son résultat net est resté en quasi-stagnation à 154 millions de DH. Sur le plan bilanciel, l’accroissement de 5,5% du total bilan à 1,7 milliard de DH a été essentiellement stimulé par le renforcement de 5,2% des fonds propres durant l’année écoulée.
Rappelons à ce titre que 2008 a été marquée par la signature d’un accord tripartite entre le RCAR, la CNRA (filiale de la CDG) et l’OCP, lequel porte sur le transfert partiel de la caisse interne de retraite du phosphatier au RCAR.
L'Economiste Edition électronique du 17/7/2009